
La rue se bouche, l’acier se tasse
Autour du rond-point, les moteurs s’entassent
Les pancartes hurlent, des mots qui roulent
Bloquons tout, ils crient, la ville s’écroule
Une sirène s’étouffe, noyée dans l’écho
Pendant qu’un souffle s’éteint derrière les vitraux
Des voix suppliantes cherchent un chemin
Mais les corps plantés condamnent le destin
Et là-haut, derrière les rideaux fermés
Les verres s’entrechoquent dans l’or parfumé
Ce sont eux qu’il faut retenir
Pas les passants, ni les veines promises à mourir
Et en bas, les querelles montent sans fin
Des corps vacillants brisés dans le matin
C’est pas eux qu’il faut retenir
Allez là-haut, brisez leurs sourires
Des flammes lèchent des carrosseries
Mains brisent les vitrines, nuit s’anéantit
On pille, on braque, le chaos se repaît
Le feu danse, ville perd son lait
Les propriétaires, les paumés du temps
Rongés par la rage, s’opposent au vent
Ils se heurtent aux ombres immobiles
La colère s’égare dans la folie stérile
Et là-haut, sur les balcons serviles
Leurs sourires glacés se font complices dociles
Ce sont eux qu’il faut retenir
Pas les passants, ni les veines promises à mourir
Et vous qui bloquez, dites-moi quel est le prix
Détruire l’autre pour nourrir vos envies
Est-ce folie, ou absence de cœur
Allez là-haut, là où l’on boit leur liqueur
Et vous qui bloquez, dites-moi quel est le prix
Détruire l’autre pour nourrir vos envies
Est-ce folie, ou absence de cœur
Allez là-haut, là où l’on boit leur liqueur